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Les archives de Françoise Sagan entrent à l'IMEC.



Sans un regret, chansons de Sagan

Les archives de Françoise Sagan entrent à l'IMEC.

C’est une icône de la littérature d’après-guerre, le symbole d’une vie prise dans la passion de l’écriture. Propulsée instantanément au rang de star médiatique, l’autrice de Bonjour tristesse aura entretenu toute sa vie des liens intellectuels forts avec les grandes figures de son époque, de Jean-Paul Sartre à Juliette Greco, d’Ava Gardner à François Mitterrand. Ses archives, qui reflètent la vie tumultueuse de cette autrice mythique et dont un ensemble avait été dispersé, ont pu être en partie préservées par son fils Denis Westhoff, qui a choisi de les confier à l’Imec. On y trouve ses carnets, des manuscrits de poèmes et de chansons, une partie de sa correspondance, quelques croquis, et des textes inédits (nouvelles ou récits). François Sagan fait ainsi un retour symbolique sur les terres normandes, où elle avait choisi de s’établir après l’achat du manoir du Breuil en 1959.

Romancière, biographe, autrice pour le théâtre, la chanson ou le cinéma, Françoise Sagan est surtout restée une figure mythique du monde littéraire des Trente Glorieuses, dans lequel elle fit irruption à 18 ans avec son roman Bonjour tristesse (Julliard, 1954). Née en 1935 dans le Lot, Françoise Quoirez est issue d'une famille de propriétaires terriens du côté de sa mère et d'une lignée d'industriels du côté de son père. Après une scolarité tumultueuse marquée toutefois par des lectures décisives (Gide, Camus, Sartre, Hemingway, Proust, Cocteau, Shakespeare...), elle entre au cours Hattemer et rencontre alors Florence Malraux. Durant l'été 1953, elle s'attelle à l'écriture d'un roman qui sera publié l'année suivante sous le titre Bonjour tristesse. Elle adopte désormais le pseudonyme Françoise Sagan en hommage à Marcel Proust. Bonjour tristesse reçoit le Prix des Critiques et connaît un succès considérable, qui propulse son autrice à l'avant-scène. François Mauriac dans Le Figaro la décrit comme un « charmant petit monstre ».

Elle devient journaliste pour Elle, voyage en Italie et aux États-Unis pour la promotion de ses livres, rencontre à ces occasions de grands artistes de son temps, tels Billy Holliday ou Tennesse Williams, et publie en 1956 un nouveau best-seller, Un certain sourire. Françoise Sagan prit régulièrement des positions politiques fortes. Elle signe notamment le Manifeste des 121 en opposition à la Guerre d'Algérie. Elle signe également le Manifeste des 343 pour défendre le droit à l'avortement.

Ses romans, traduits en quinze langues, seront pour la plupart adaptés au cinéma. La fluidité de son écriture et le choix de sujets à la fois psychologiques, scandaleux et mondains ont assuré sa popularité. Françoise Sagan demeure dans les esprits par sa « petite musique », comme l'indiquent ses critiques, c'est-à-dire un style, fait de phrases courtes et de commentaires intérieurs et cyniques de ses personnages. Amoureuse de la vitesse, de l'ivresse et de la joie, sa vie et son œuvre sont intimement liées, et forment un emblème de liberté..





 
 
 

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